Le Sahara dans la littérature de l’ère
coloniale [3 / 7]
Pour bien comprendre
comment se construit l'imaginaire du désert à l'ère coloniale, il importe
d'étudier en parallèle les autres déserts, notamment le Sinaï (Pierre Loti, Le
désert), le désert arabique, surtout représenté dans les littératures anglaise
et américaine (Les sept piliers de la sagesse de Lawrence d'Arabie, Arabia
Deserta, de Charles Doughty, Le désert des déserts de Wilfred Thesiger). Après
être devenu une métaphore du néant (Paul Bowles, Un été au Sahara), le paysage
désertique disparaît momentanément de la scène littéraire à l'époque de la
décolonisation.
Il
faudra attendre les années 70-80 pour que les images du désert reviennent en
force, porteuses cette fois de nouveaux enjeux - la relecture de l'histoire, la
réflexion sur le nomadisme et l'errance - et faisant entendre de nouvelles
voix, issues de différentes régions de la francophonie : Albert Memmi (Le
désert ou la vie et les aventures de Jubaïr Ouali El-Mammi), J.M.G. Le Clézio
(Désert), Tahar Ben Jelloun (La prière de l'absent), Louis Gardel
(Fort-Saganne), Andrée Chedid (Les marches de sable), Mouloud Mammeri (La
traversée), Mohammed Dib (Le désert sans détour), Malika Mokeddem (Le siècle
des sauterelles, Les hommes qui marchent).