Le Sahara dans la littérature de l’ère
coloniale [2 / 7]
Odette du Puigaudeau
(Tagant. Au coeur du pays Maure 1936-1938, Pieds nus à travers la Mauritanie
1933-1934), expérimentant comme elle l'altérité à travers la rencontre des
communautés nomades, fera de cette découverte de l'autre la base de ses récits.
Tous s'accordent pour dire que le dépaysement est tellement grand qu'il menace
parfois l'équilibre psychologique, que l'adaptation à ce nouvel espace occasionne
des transformations corporelles et mentales considérables. C'est bien ce que
relatent les récits de Saint-Exupéry (Terre des hommes, Le petit prince), où ce
lieu à part, magnifié, est en même temps la terre des mirages, de la
souffrance, du désespoir. L'appréhension du vide conduit l'être humain à
s'interroger sur l'existence, sur le sens de la vie. Dans la lignée des
aventuriers, des hommes partis à la conquête de l'espace se profilent aussi
d'autres figures, celles du militaire, du méhariste ou de l'explorateur, qui
émaillent les romans et les récits de Pierre Benoît (L'Atlantide), de Joseph
Peyré (L'escadron blanc), de Roger Frison-Roche (L'Appel du Hoggar, La piste
oubliée, La montagne aux écritures, Le rendez-vous d'Essendilène).
Le Sahara joue un rôle
prépondérant dans l'imaginaire du désert : considéré comme l'un des plus grands
déserts du monde, sa population ne cesse de diminuer alors qu'il attire de plus
en plus de voyageurs et de touristes en provenance de tous les horizons.