|
accueil
Présentation de la
société
Les
littératures de l'ere coloniale
|
|
Deux visions de la Tunisie
à l'ère coloniale :
André
Demaison , La Revanche
de Carthage
(1934)
Andrée Viollis :
Notre Tunisie
(1939)
2/ 41
La
période historique est
particulièrement riche, agitée, contradictoire.
Dans l’espace maghrébin, la
Tunisie semble occuper une place à part par
l’accueil que ses élites
intellectuelles ont su réserver très
tôt aux courants réformateurs venus
d’Orient. Dans son étude sur L’Empire
triomphant, Jean
Martin a résumé ainsi la sensibilité
largement partagée
par des citadins cultivés avides,
déjà, de modernité culturelle, et par
tous
ceux que motivait l’aspiration à
l’Indépendance, quelles que soient, proches ou
lointaines, les échéance de celle-ci :
« Dans ce pays où il
n’existait pratiquement pas de minorité
berbérophone, les thèses panarabistes
firent bientôt d’assez nombreux adeptes surtout
parmi les jeunes oulémas. Au
début du XXème siècle, le panislamisme
et surtout le mouvement jeune turc
commencèrent à rencontrer des échos
dans la régence de Tunis, surtout parmi les
jeunes gens de culture occidentale qui n’avaient pas connu
les désordres de la
période antérieure à 1881 et
étaient tentés de
l’idéaliser ».
Cette élite cultivée, plurilingue,
parfaitement informée des affaires d’Orient et
d’Occident et des grands
mouvements d’idées contemporains, va jouer un
rôle de plus en plus important
dans le débat public, et épousera dès
le début des thèses nationalistes et la
plupart du temps modernistes (y compris chez beaucoup de religieux) qui
joueront le rôle que l’on sait dans le mouvement de
la Jeune-Tunisie, du
Destour, puis du nouveau Destour.
.L’Empire
triomphant,
tome II, Maghreb, Indochine, Madagascar,
Paris, Denoël, 1990, p. 105.
|

|