Le roman (API) raconte l'histoire
d'un groupe d'amis anglais et indiens. Lors d'une visite des grottes de
Marabar, Adèle se retrouve isolée, s'affole et accuse Aziz de viol. L'hystérie
des colons ne finira pas par l'emporter, mais le groupe est brisé. Adèle repart
en Angleterre, Mme Moore meurt pendant ce retour et ce n'est que plus tard que
Fielding, Aziz, Godbole et les enfants de Mme Moore, Ralph et Stella, vivent un
espoir de réconciliation à l'occasion d'une fête religieuse dédiée à Krishna.
Le récit comprend trois parties : la mosquée, les grottes, le temple, décrites
comme thèse, antithèse, synthèse ou, plus poétiquement comme printemps, été
(sec) et mousson, et plus précisément, salut par les oeuvres, la connaissance
et l'amour. Les Indiens préféreraient peut-être une division philosophique plus
adaptée à leur pensée : sat, la réalité, cit, la conscience, ananda, la joie.
L'épisode des grottes est bien sûr central et essentiel, d'autant que la
panique qui saisit Adèle vient de ce que ces antiques sanctuaires concentrent
les aspects déroutants et inquiétants de l'Inde. Le soupçon nous vient alors
que API pourrait récuser une certaine pensée indienne pour lui substituer comme
solution finale la dévotion à Krishna qu'il est facile de christianiser
lorsqu'on en reste à une approche superficielle, qui apparait moins
inquiétante que le culte de Shiva avec ses ascètes nus et couverts de cendres
et surtout moins militante que la tradition de la Baghavad Gita, le livre de
chevet des révolutionnaires indiens, où un tout autre Krishna pousse le héros,
Arjuna, à dépasser ses doutes et à combattre l'ennemi.
Découvrir la signification des grottes
et l'attitude envers l'Inde qu'elles induisent nous permettra de situer API par
rapport au roman colonial.