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Présentation de la société
Les littératures de l'ere coloniale
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Le mythe d'Adamastor ou la figure de l'altérité coloniale dans la littérature sud-africaine
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«Hélas! J'ai tant d'amertume que je ne sais comment
pour-suivre : croyant tenir en mes bras celle que j'aimais, je me
trou-vais à un rude mont d'âpres forêts et
d'incultes broussailles. Face à ce roc que j'étreignais,
le prenant pour le visage chéri, je cessai d'être un
homme, et sans voix, pétrifié, je ne fus plus,
auprès d'un roc, qu'un autre roc » (Camoes, p. 269).
Ce mythe est, bien sûr,
entièrement inventé par Camoes ; c'est un habile
bricolage qui emprunte ses éléments aux mythes grecs,
latins ainsi qu'à l'héritage biblique. Si Thétis,
Doris et les Titans sont bien des personnages mythiques
attestés, l'origine d'Adamastor, par contre, est plus floue. On
trouve mention dans Homère, au chant XII de L 'Iliade, d'un
certain Adamas [1].
Virgile, dans le chant III de l'Enéide, fait allusion à
un certain Adamaste (indompté), un habitant d'Ithaque [2] . Par la suite, le nom Adamastor apparaît pour la première fois chez Sidoine Apollinaire [3],
au cinquième siècle de l'ère chrétienne,
et, à la fin du quinzième siècle, chez Ravisius
Texttor [4], avant de se
retrouver dans l'oeuvre de Rabelais, Pantagruel (publiée en
novembre 1542, trente ans avant Les Lusiades), au chapitre I, dans le
déploiement parodique de la longue généalogie des
géants, ancêtres de Pantagruel :
« Et le premier fut Chalbroth, etc.
Qui engendra Briaré, qui avait cent mains Qui engendra Porphirio
Qui engendra Adamastor
Qui engendra Antée etc. » (Rabelais 1962, p. 175)
__________
Notes
[1]
Les Troyens, droit vers le mur bien construit, leurs boucliers de cuir
sec tenus en l'air, marchaient avec de grands cris autour du roi Asios,
d'Iamenos, d'Oreste, d'Adamas fils d'Alios, de Thoon, d'Oenamos.
Homère », L 'Iliade, traduction, introduction et notes de
E. Lasserre (Paris, Garnier, 1965) p. 206.
[2] «Je
suis originaire d'Ithaque, et l'un des compagnons de l'infortuné
Ulysse ; la pauvreté de mon père Adamaste (plût au
ciel que son humble fortune fût restée mon partage) me fit
partir pour Troie Virgile, L'Enéide, traduction, introduction et
notes de M. Rat (Paris, Garnier, 1965) p. 86.
[3]
Sidoine Apollinaire (Lyon 431 ou 432 - Clermont-Ferrand 487 ou 489) fut
successivement propriétaire terrien, préfet de Rome puis
évêque de Clermont en 471 oû il défendit
l'Auvergne contre les Wisigoths. Il écrivit des poèmes et
des lettres.
[4]
Ravisius Textor (1480-1524), professeur de rhétorique au
collège de Navarre et recteur de l'université de Paris
(1520), fut un compilateur d'oeuvres de la Renaissance.
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