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Présentation de la société
Les littératures de l'ere coloniale
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Le mythe d'Adamastor ou la figure de l'altérité coloniale dans la littérature sud-africaine
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Richard Samin, Université de Nancy
La figure
d'Adamastor, personnage titanesque tiré du poème épique de Luis de Camoes, Les Lusiades,
publié en 1572, occupe, sous différents avatars, une place importante
dans la littérature sud-africaine blanche. Adamastor, c'est aussi le pendant
dialectique d'une autre figure caractéristique de la littérature sud-africaine,
la Vénus hottentote. Je ne m'intéresserai ici qu'a celle d'Adamastor, mais le
fait de relier ces deux figures apparemment opposées — l'une relevant de la
catégorie de l'abjection et l'autre plutôt de celle de la séduction — me permet de définir le
cadre méthodologique de mon analyse. Ces deux
figures inséparables sont, en définitive, deux constructions imaginaires, deux
représentations inventées par le sujet colonial pour penser de manière emblématique
ses rapports aux colonisés et a leur
monde selon deux modes de l'altérité : l'altérité selon la différence et
l'altérité selon le désir [1]. Adamastor représente la première forme
d'altérité. Cette modalité se manifeste par le rejet radical de l'Autre et
tend a nier son appartenance a l'humanité. Cependant ce qui fait l'intérêt de
cette figure dans la littérature sud-africaine, c'est son historicité qui, a
travers le temps, de Camoes a Brink,
rend la figure plus complexe et de plus en
plus ambivalente au point d'être utilisée pour subvertir le dis-cours colonial
de l'altérité. Ce que je veux analyser ici, ce ne sont pas tant les formes de
cette évolution que les déterminations du discours colonial et post-colonial
qui les motivent.
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Notes
[1]J'emprunte
l'idée de cette opposition dialectique â l'ouvrage de Vincent J. Cheng, Joyce, Race and Empire (Cambridge, Cambridge University Press, 1995), p. 78.
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